Parmi ses inspirations, une certaine Tara Davis, championne olympique en titre du saut en longueur. Un modèle que Djelika rêve un jour de dépasser.
Un parcours 100% lyonnais
L'AFA Feyzin Vénissieux est le premier et unique club de Djelika Diarra. Une fidélité rare, alors que la jeune athlète a connu une progression spectaculaire ces dernières années.
"Il y a quatre ans, mon record, c'était 4 mètres. Aujourd'hui, je suis la meilleure mondiale de ma catégorie."
Un changement de dimension notamment marqué par l'arrivée de son nouvel entraîneur, Franck Mbatang, au début de l'année 2024.
"En trois ans, ma vie a vraiment changé. Avec lui, j'ai vraiment découvert le monde de l'athlétisme à haut niveau."
Entre les deux Lyonnais, une relation de confiance s'est rapidement installée. Franck Mbatang n'a cessé de lui répéter qu'elle avait les capacités pour devenir championne du monde.
"Toute l'année, il me répétait que j'étais la meilleure du monde dans ma catégorie !"
Une confiance récompensée après trois années de travail. Au moment de décrocher son titre mondial, Djelika s'est immédiatement tournée vers son entraîneur :
"Après mon dernier saut, je suis directement partie voir mon coach pour lui dire : “Ça y est, on l'a fait.”"
Deuxième des championnats de France
Pour participer aux championnats du monde U20 à Eugene, dans l'Oregon, les spécialistes du saut en longueur devaient atteindre un minima fixé à 6,30 mètres.
Une marque que Djelika Diarra avait déjà quasiment atteinte avec un record personnel à 6,29 mètres. Le lendemain de son anniversaire, elle a même réalisé un saut à 6,38 mètres et s'est alors placée au 12e rang mondial de sa catégorie.
Aux championnats de France, la Lyonnaise a terminé deuxième et a décroché ainsi l'un des deux billets qualificatifs pour les Mondiaux.
Direction donc les États-Unis pour le grand rendez-vous de sa saison.
Le rêve américain
La délégation française d'athlétisme est arrivée une semaine avant le début de la compétition afin de mieux s'adapter au décalage horaire.
"C'était un peu dur au début, mais franchement, je me sentais bien et les entraînements se passaient bien."
Son entraîneur Franck Mbatang l'a ensuite rejointe deux jours avant le début de la compétition. Un soulagement pour la jeune athlète, qui souhaitait vivre ce moment avec celui qui l'accompagne depuis plusieurs années.
"Ça m'a soulagée que mon coach arrive, car on a fait du bon travail à deux. Je voulais vivre ça avec lui."
Djelika Diarra ne cachait pas ses ambitions avant d'entrer dans la compétition.
"Mes idées étaient claires dans ma tête. Je venais pour faire un podium, même si je ne partais pas favorite."
Sur les 27 athlètes engagées, réparties en deux groupes pour les qualifications, la Française a terminé première de son groupe et troisième au classement général. Avec un saut à 6,28 mètres, elle a donc décroché sa place pour la finale.
Et le meilleur restait à venir
Vendredi 7 août, Djelika Diarra a réalisé le saut parfait. Avec 6,52 mètres, elle a amélioré son record personnel de 14 centimètres et s'est offert le titre mondial.
Deux Françaises sont d'ailleurs montées sur le podium : Djelika Diarra, en or, et Soudatou Niang qui a pris la médaille de bronze.
"Je viens de très loin"
Quelques jours après son sacre, la nouvelle championne du monde junior savoure encore pleinement ce moment. Sur le podium, une pensée lui est revenue en tête : le chemin parcouru depuis ses débuts.
"J'ai surtout pensé à d'où je viens, car je viens de très loin. Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup d'athlètes qui aient le même parcours que moi."
Un parcours débuté à Vénissieux, il y a plus de dix ans, et qui l'a finalement conduite jusqu'au sommet mondial.
Et maintenant ?
Après une saison longue et intense, place désormais au repos pour Djelika Diarra.
La jeune championne va notamment pouvoir prendre le temps de s'occuper de plusieurs blessures qui la gênent depuis plusieurs mois : une fracture de fatigue au dos durant la saison hivernale, deux tendinites aux genoux, ainsi qu'une tendinite au pied d'impulsion qui s'est aggravée.
"Je m'étais promis qu'après les championnats du monde, je prendrais soin de mes genoux."
Quelques semaines de repos et de soins avant de penser à la suite. Car à seulement 19 ans, Djelika Diarra a déjà décroché un titre mondial et semble avoir encore de belles pages à écrire dans son histoire.
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