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BAC 2026 : DÉCOUVREZ LES SUJETS DE L'ÉPREUVE DE PHILOSOPHIE

Lundi 15 Juin - 11:45

Société


Une salle de classe
Plus de 530.000 candidats ont planché, ce lundi 15 juin, sur les sujets de philosophie, marquant traditionnellement le coup d'envoi des épreuves écrites du baccalauréat.

Dissertation ou commentaire de texte.

Le coup d'envoi des épreuves écrites du bac a été donné, ce lundi 15 juin, à 8h, avec la philosophie.

En filière générale, les 386.000 élèves en lice ont eu le choix entre deux sujets de dissertation : "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?" et "Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?". Ils pouvaient également opter pour le commentaire d'un texte extrait de "Humain, trop humain" de Friedrich Nietzsche (1878).

En filière technologique, ils étaient plus de 146.000 à choisir entre les deux sujets de dissertation, "Débattre, est-ce chercher la vérité ?" et "La technique peut-elle être mauvaise ?", tandis que le texte est extrait de "Le Juste", de Paul Ricœur (1995).

Dans ce contexte, le ministre de l'Éducation nationale a rappelé, ce lundi, que l'accent serait particulièrement mis, cette année, sur "la maîtrise de la langue". "Si vous voulez avoir une pensée claire, il faut que vous ayez un niveau d'expression qui soit lui-même correct et clair", a déclaré Édouard Geffray.

Pour les lycéens de terminale, le bac se poursuivra avec les épreuves de spécialité programmées entre mardi et jeudi, puis avec le grand oral entre le 22 juin et le 1er juillet. Les résultats seront publiés le 7 juillet.

Les sujets de philo en filière générale


Sujet 1
Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?

Sujet 2
Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?

Sujet 3
Expliquer le texte suivant : Friedrich Nietzsche, "Humain, trop humain" (1878)

"Les méthodes scientifiques sont une conquête de la recherche pour le moins aussi considérable que n'importe quel autre résultat : c'est en effet sur la compréhension de la méthode que repose l'esprit scientifique, et tous les résultats des sciences ne pourraient, si ces méthodes venaient à se perdre, empêcher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdité. Les gens cultivés ont beau apprendre autant qu'ils veulent des résultats de la science, on s'aperçoit toujours à leur conversation, et particulièrement aux hypothèses qu'ils y proposent, que l'esprit scientifique leur fait défaut. Ils n'ont pas cette défiance instinctive contre les écarts de la pensée, qui, à la suite d'un long exercice, a pris racine dans l'esprit de tout homme de science. Il leur suffit de trouver sur un sujet une hypothèse quelconque, ils sont alors tout feu tout flamme pour elle et croient qu'ainsi tout est dit. Avoir une opinion signifie par là même chez eux : en devenir aussitôt fanatique et finalement la prendre à cœur comme une conviction. Ils s'échauffent, à propos d'une chose inexpliquée, pour la première idée qui leur passe en tête et qui ressemble à une explication. D'où résultent continuellement, notamment dans le domaine de la politique, les plus fâcheuses conséquences. C'est pourquoi chacun devrait de nos jours avoir appris à connaître au moins une science à fond ; alors il saura toujours ce que c'est qu'une méthode et combien est nécessaire la plus extrême prudence."

Les sujets de philo en filière technologique


Sujet 1
Débattre, est-ce chercher la vérité?

Sujet 2
La technique peut-elle être mauvaise?

Sujet 3
Expliquer le texte suivant : Paul Ricœur, "Le Juste" (1995)

"On aurait tort de réduire la violence à l'agression, même élargie au-delà de l'agression physique – coups, blessures, mort, entrave à la liberté, séquestration, etc. ; il faut encore tenir compte de la plus tenace des formes de la violence, à savoir la vengeance, autrement dit la prétention de l'individu à se faire justice à lui-même. Au fond la justice s'oppose non seulement à la violence tout court, ainsi qu'à la violence dissimulée et à toutes les violences subtiles auxquelles il vient d'être fait allusion, mais aussi à cette simulation de la justice que constitue la vengeance, l'acte de se rendre justice à soi-même. En ce sens, l'acte fondamental par lequel on peut dire que la justice est fondée dans une société, c'est l'acte par lequel la société enlève aux individus le droit et le pouvoir de se faire justice à eux-mêmes – l'acte par lequel la puissance publique confisque pour elle-même ce pouvoir de dire et d'appliquer le droit ; c'est d'ailleurs en vertu de cette confiscation que les opérations les plus civilisées de la justice, en particulier dans la sphère pénale, gardent encore la marque visible de cette violence originelle qu'est la vengeance. À bien des égards, la punition, surtout si elle conserve quelque chose de la vieille idée d'expiation, demeure une forme atténuée, filtrée, civilisée de la vengeance."

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