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PROCÈS FIONA : "SI JE LE SAVAIS, JE L’AURAIS DIT, IL LE SAIT"

Vendredi 4 Décembre - 18:21

Justice


Nicolas Chafoulais, le père de Fiona et ancien compagnon de Cécile Bourgeon. - © Léa Duperrin / Radio Scoop
Le quatrième procès se poursuit aux Assises du Rhône à Lyon. Cécile Bourgeon et son ex-compagnon Berkane Makhlouf encourent 30 de réclusion criminelle. Ce vendredi, le père de Fiona a témoigné devant la Cour.

"Le corps de sa fille, il veut savoir. Il est encore temps pour parler", demande le président de la Cour à Cécile Bourgeon. Dans son boxe vitré, elle se lève. Le père de Fiona est à la barre. "Si je savais, je l'aurais dit, il le sait", répond l'accusée.

Des questions sans réponse


"Cela parait quand même assez incroyable, compte tenu du sang-froid dont vous avez fait preuve, vous ne sembliez pas hors de vous. On a quand même du mal à admettre que vous l'avez enterrée dans un endroit tellement difficile à trouver que vous n'y êtes jamais retourné ?", questionne le président.

"Jamais j'y suis retourné", répond Cécile Bourgeon. Son avocat Me Renaud Portejoie insiste auprès de sa cliente, lui demande de parler. Elle explique que depuis le début, la question lui est posée. Mais qu'elle ne sait pas.

"Je vais vous dire quoi, quelque chose de faux ?", poursuit-elle.

"Le procès n'est pas fini. Mais l'espoir s'amenuise", ajoute le président. "J'en suis consciente", dit l'accusée.

"Non, je n'en suis pas sûre, vous vous agacez facilement quand on vous pose des questions", lui rétorque le président.



"Ils ont voulu sauver leur peau"


Avant ces échanges qui ont conclu cette quatrième journée d'audience, le père de Fiona a été appelé à la barre. Constitué partie civile, Nicolas Chafoulais a redit son intime conviction : "Ce que je pense, c'est qu'ils l'ont tapé", avant de poursuivre en parlant de Cécile Bourgeon, "quand je vois que pendant les quatre procès elle n'a pas pleuré la mort de sa fille, je pense qu'il n'y a pas de doute."

Le père de Fiona est revenu sur les mois précédant le drame. Car même après sa séparation avec Cécile Bourgeon, il continuait de voir ses deux filles. Jusqu'au week-end du 9 septembre 2012.

"À la fin de ce week-end ma fille m'a parlé de Berkane Makhlouf, elle m'a dit qu'il lui avait fait mal. Je lui ai demandé « comment ça ? » et elle ne m'a plus répondu. Je n'ai pas vu de traces sur son corps, j'ai essayé de lui poser des questions, elle ne répondait pas. J'ai ramené Fiona à sa mère, j'ai essayé d'en parler avec elle. Et là ça a dégénéré, elle m'a dit que je ne supportais pas la séparation, que j'avais monté la tête à la petite", explique Nicolas Chafoulais.

La tension était alors montée d'un cran. C'est la dernière fois que le père de Fiona a vu sa fille vivante.

Dans les mois qui ont suivi, il dit avoir appelé plusieurs fois pour avoir Fiona au téléphone.

"Pourquoi ne pas avoir essayé de la voir, à la sortie de l'école par exemple ?", questionne le président du tribunal.

"Je ne vois pas où vous voulez en venir. Fiona ne m'a rien dit à part qu'il lui avait fait mal, mais comment je pouvais m'imaginer ? Elle ne m'a pas dit qu'il l'avait tapé. Et puis ça c'était mal passé la dernière fois", a-t-il répondu.

"Ils ont voulu sauver leur peau. Je vous le garanti, ce qu'elle a fait elle s'en fout, elle veut la peine la moins lourde. C'est tout. Elle ne se souvient même pas de la date d'anniversaire de sa deuxième fille", poursuit le père de Fiona, toujours à la barre.



"À votre avis ils savent où est le corps ?", questionne encore le président.

"Oui, mais ils savent que le corps est tellement abîmé si on le retrouve ils sont foutus", ajoute Nicolas Chafoulais.

L'audience a été suspendue, elle reprendra lundi matin avec l'audition d'autres témoins.