ONE-MAN-SHOW DE JEAN LASSALLE : "TRÈS EXTRAORDINAIREMENT, LE PUBLIC EST VENU"

Mardi 3 Février - 11:08

Culture

Jean Lassalle - © Wikipedia
Berger, maire, député, chef d'entreprise, candidat à la présidentielle et même, participant aux Traîtres sur M6 : Jean Lassalle entame un énième chapitre de sa vie hors du commun ! L'ancien élu, désormais retiré de la vie politique, monte sur les planches avec son spectacle seul en scène “Jean dans la salle – mes anecdotes d'une vie”. Il sera à la Bourse du Travail de Lyon le 4 février à 20h.

Un spectacle autobiographique non seulement drôle, mais aussi tendre et émouvant : sur scène, Jean Lassalle dévoile les anecdotes de sa vie hors du commun. Une nouvelle étape à laquelle il ne s'attendait pas, comme il l'a confié à avant son passage à la Bourse du Travail, le 4 février.

: Racontez-nous d'abord ce qui vous a donné envie d'écrire et de monter sur scène, pour raconter les anecdotes de votre vie.

Jean Lassalle : "Ça ne s'est pas passé tout à fait comme ça. J'ai pas eu envie, comme j'avais pu avoir envie de devenir maire à l'âge de 21 ans, conseiller général, député, ou comme j'ai eu envie de créer ma propre société quand j'ai cessé d'être berger. Là, c'est un couple de producteurs qui est venu me voir et qui m'a dit "Vous devriez faire un One man show avec vos anecdotes". Je ne voyais pas du tout ce que ça pouvait donner ! C'était très différent de la vie que j'avais jusque-là. Bon, certes, il m'avait été donné de m'essayer parfois à de l'humour, mais c'était plutôt pour passer des messages, notamment quand j'étais député, pour attirer l'attention sans violence ni ni gros mots inutiles. Mais je n'aurais pas imaginé cela. Donc j'ai dit non, catégoriquement, au départ. Après, j'ai vu qu'ils avaient fait la comédie musicale des Misérables aux États-Unis. Et puis ma femme, mes enfants, toute ma famille m'a dit, mais pourquoi tu n'essayes pas ça ? J'ai fini par dire oui. Et c'est au dernier moment, un peu à la hâte, que je l'ai fait. Puis, très extraordinairement, le public est venu ! En province, d'abord, puis j'ai fait douze représentations au théâtre de la Tour Eiffel à Paris."

 : Comment êtes-vous passé ensuite à l'écriture du spectacle ? 

"C'est encore plus simple, si j'ose dire, parce que comme je ne savais pas le faire, je n'avais pas de chemin à suivre avec un mode d'emploi. Tout au long de ma vie, il y a une chose qui m'a été impossible de faire, c'est d'apprendre par cœur. Donc, même avec l'excitation, j'avais du mal. Par contre, j'arrivais à intervenir avec quelques mots-clés sur de longues interventions à l'Assemblée, notamment, et à me faire écouter. Ensuite, bon, des anecdotes, vous en racontez aussi, chacun raconte les siennes. Vous ne prenez pas quelqu'un pour les écrire, ça vient comme ça, et moi c'est venu aussi comme ça. Un producteur avait pris un théâtre à Châteaudun, qui était libre fin septembre, où il fallait mettre ça au point. Et j'ai attrapé une grippe épouvantable, c'est à dire que du lundi au jeudi, j'étais occis ! Et puis j'ai commencé à reprendre un peu vie. Le vendredi, c'était l'avant-première, et le samedi soir, la première. Le théâtre était plein les deux soirs et on avait eu très peu de temps, au fond. Donc, ils ont choisi quelques-unes des anecdotes que j'avais données. C'est pas forcément celles que j'avais choisies moi-même, d'ailleurs. Mais voilà, je les ai racontées, puis après je les ai amincies un peu, et on a essayé de donner un fil conducteur à tout ça. Mais je n'ai aucun élément écrit. J'ai simplement un prompteur qui me donne les titres, pour que je ne me perde pas complètement/ Mais je fonce un peu dans l'inconnu chaque soir !"

 : L'humour a toujours été un moyen d'expression pour vous, notamment pendant votre carrière politique. Ce spectacle est donc une suite logique ? 

"Pas seulement l'humour ! C'est ce que disent les producteurs et beaucoup de gens aussi qui viennent me voir à la fin, parce que je reste pour discuter avec ceux qui le souhaitent, jusqu'à pas d'heure. Les théâtres sont bienveillants ! Il y a des séquences plutôt émouvantes. Ma jeunesse, mon enfance difficile, non pas avec ma famille, qui est une famille très aimante et heureuse, mais qui est aujourd'hui au seuil de pauvreté, mais plutôt mes petits camarades. Parce que je faisais français 3e langue ! J'avais appris avant le béarnais et l'espagnol. Papa était berger dans une montagne espagnole. J'avais appris l'espagnol sans même savoir que le français existait. Donc, il y a des moments émouvants, et il y a d'autres moments où on rit un peu plus. D'autres moments, aussi, où je dépeins des lieux magnifiques de ma jeunesse, mais aussi de ma vie, puisque je suis resté au même endroit, même si j'ai fait le tour du monde. Et même si pendant très longtemps, j'ai passé les deux tiers de mon temps dans le 7e arrondissement de Paris qui n'est pas le plus misérable. C'est un petit peu tout ça. C'est une vie."

 : Trouvez-vous un point commun entre la vie politique et la scène ? 

"Le point commun, c'est tout simplement d'être en relation la plus simple possible avec l'autre. Dans les deux cas, le point commun, c'est la rencontre avec les autres, ceux qui font ensemble une assemblée, un public. J'avais très peur, parce que bien sûr, j'étais passé devant des scènes où y avait beaucoup de monde, mais c'était pour exprimer des idées. Là, c'est différent. En politique, je n'ai pas eu les plus grandes difficultés avec mes adversaires. Chacun défend son pré carré. Non, moi, j'ai eu plutôt des difficultés avec une situation qui aujourd'hui apparaît aux yeux de tout le monde comme insupportable. C'est comme si on avait affaire à un système qui, quoi qu'il arrive, choisissait ceux qui avaient le droit de passer souvent à la télé ou sur les médias. Et c'est plutôt ça qui a été pour moi une source de difficultés et de souffrance. Sinon, le reste, c'est un débat comme j'en ai eu toute ma vie."


 : Votre tour du monde vous a emmené à Lyon et sa région : quels sont les souvenirs ou les liens que vous avez ici ?

"J'ai beaucoup de liens et beaucoup d'amis à Lyon. J'y suis passé à de nombreuses reprises. Le plus marquant, c'est à l'époque, à l'occasion de mon Tour de France en 2013, à pied. J'avais fait 6.000 km en 9 mois, parce que je voulais comprendre ce qui se passait dans notre pays, comment les gens se sentaient. Le seul problème, c'est que ça a surtout inspiré Emmanuel Macron ! Il m'a pris tous les éléments de langage : il a fait d'abord "En Marche", son parti, alors que moi, j'avais fait ces 6.000 km ! Après, il a dit "La République En Marche" : il m'a pris tous les éléments ! Les "cahiers de l'espoir" que j'avais inventés, aussi. Lyon, pour moi, c'était la capitale des Gaules, mais c'était aussi à mes yeux une capitale un peu plurielle de l'esprit. J'y avais donc réuni toutes les pensées : catholique avec l'Archevêque de l'époque, les pasteurs, les musulmans, il y avait même un bouddhiste, des libres-penseurs et des représentants de francs-maçons, l'association Le Grand d'Orient, et ça s'était très bien passé. En plus de ça, j'ai toujours eu une très bonne relation avec de très nombreux amis dans cette ville, au fond, très représentative de ce qu'est la France, de sa diversité, de sa capacité à vivre ensemble. Lyon est pour moi un vrai chef-d'œuvre de vie en commun."


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