EAU POTABLE : COMMENT L'USINE DE TERNAY LUTTE CONTRE LES POLLUANTS ÉTERNELS

Vendredi 4 Avril - 17:30

Société

Le charbon actif permet de fixer les molécules polluantes pour les retirer de l'eau. - © Léa Duperrin / Radio SCOOP
De nouveaux réacteurs à charbon actif remplaceront bientôt les filtres utilisés actuellement à l'usine d'eau potable de Ternay (Rhône). L'objectif ? Supprimer les PFAS présents dans l'eau.

Avec ses six réacteurs à charbon actif, l'usine de Ternay espère franchir un cap. Et répondre à l'inquiétude des 170.000 habitants qui consomment l'eau traitée par l'usine.

D'après une étude récente, plus d'un Français sur deux considère la dégradation de la qualité comme le premier sujet d'inquiétude en matière d'eau, et ce devant le manque d'eau lié aux sécheresses prolongées.

Les PFAS piégés par le charbon actif


La technologie utilisée, brevetée par l'entreprise Suez, consiste à intégrer en continu le charbon grâce aux réacteurs et assurer une filtration optimale. Le charbon va d'attirer les molécules PFAS présentes dans l'eau, qui vont se fixer dessus.

"Une fois chargé de ces molécules, le charbon va être extrait de l'eau pour être ensuite régénéré et réutilisé", explique Caroline Dupeuble, directrice d'agence pour Suez. Chauffés à des températures extrêmes, les polluants dit "éternels" seront ainsi détruits.

Le contrat signé pour mettre en place ces aménagements à Ternay est une première en France.

"Ces travaux représentent un coût important pour la collectivité, mais nous n'avons pas le choix, explique René Martinez, vice-président du Syndicat Mixte d'Eau Potable Rhône Sud. Peut-être qu'un jour, les pollueurs nous rembourseront ?"

Une récente enquête du journal Le Monde a permis de répertorier les 380 plus gros émetteurs de PFAS.

La facture va-t-elle grimper ?


Fin février, une loi a été votée pour que ces molécules soient définitivement bannies : les cosmétiques, les vêtements, les chaussures et les farts pour les skis qui en contiennent, seront interdits à partir de 2026. Un contrôle de l'eau potable, une carte des sites émetteurs de PFAS et une taxe pollueur-payeur sont aussi prévus.

En attendant, l'Agence de l'Eau subventionne une partie du projet de Ternay. Faut-il s'attendre également à des hausses sur la facture d'eau ?

Tout dépendra des capacités des collectivités, comme la Métropole de Lyon, à absorber l'augmentation des prix... Une hausse qui se chiffrerait à 50 euros par an, par usager.

Pour le Syndicat Mixte d'Eau Potable Rhône Sud, l'investissement s'élève à 4 millions d'euros, sans compter les coûts de fonctionnement chaque année.

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